Eglise
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L'Eglise en Alsace |
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L'Eglise
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La Réforme Dès la fin du moyen-âge, des courants apparaissent pour souhaiter le retour à une vie plus conforme à l'évangile et à celle de l'Eglise primitive (Vaudois en Suisse, Wycliff en Angleterre, Jan Hus en Bohème). A chaque fois, l'Eglise catholique réagit avec fermeté, non seulement par une fin de non-recevoir et une répression souvent sanglante, mais aussi en s'enfermant dans ses erreurs. Celles-ci sont de plus en plus vivement dénoncées, notamment par les humanistes, dès la fin du 15ème siècle. En 1511, l'Eloge de la Folie d'Erasme de Rotterdam fait de la Folie le porte-parole du bon sens face à une Raison trop sûre d'elle, et débouche sur une critique virulente du clergé incapable de se réformer. A cette époque, Martin Luther, moine augustin veut réagir contre des déviances, et notamment contre le honteux trafic des indulgences, qui doit financer la construction de la basilique Saint Pierre de Rome. Ses propositions rencontrent l'hostilité du clergé et aboutissent à son excommunucation en 1520, mais elles trouvent un écho favorable non seulement auprès du peuple, mais aussi auprès des humanistes et de certains princes, ce qui leur permet de se répandre. Ni Luther, ni aucun de ceux à qui il a ouvert la route, n'avait l'intention de se séparer de l'Eglise. Ils voulaient l'amener à se réformer de l'intérieur. C'est sa radicalisation et sa réaction violente qui les a contraints à en sortir. Mais le mouvement qu'ils ont lancé aboutit très rapidement à la création de communautés réformées qu'on appellera plus tard protestantes. Le mouvement s'étend en Alsace grâce à Calvin et à Bucer, comme dans tout l'Empire, malgré l'opposition de Charles Quint. Plusieurs villes (comme Strasbourg, où la cathédrale est affectée au culte protestant) et plusieurs princes se convertissent à la religion réformée et y entraînent leurs sujets. Quand l'Eglise prend conscience de son erreur, il est trop tard. Le Concile de Trente, à la fin du 16ème siècle, amorcera une timide réforme de l'Eglise catholique, mais ne permettra pas le retour aux sources qui aurait seul permis le ralliement des protestants. Il faudra attendre l'annexion de l'Alsace par la France pour que le catholicisme se répande à nouveau partout. Actuellement, les implantations protestantes sont encore réelles mais très minoritaires, même dans les anciennes seigneuries protestantes. Jean Cauvin, dit Calvin (1509 -1564) Initié au luthéranisme alors quil étudiait le droit à Orléans, il adhéra à la Réforme en 1533, puis sinstalla à Bâle (1534), où il publia, en 1536, la première édition (en latin) de lInstitution de la religion chrétienne, qui deviendra la «Somme» du calvinisme (traduite en français en 1540, remaniée en 1543 et 1559). Il s'installe à Genève en 1536, où il tente d'appliquer ses théories, mais il doit s'enfuir et s'exiler à Strasbourg, où il exerce de 1538 à 1541 les fonctions de curé de la paroisse française. De retour à Genève, il y institue un gouvernement théocratique dont il fut, jusquà sa mort, le chef sévère (condamnation de Michel Servet, brûlé vif en 1553). Sur le modèle genevois se fondèrent de nombreuses Églises réformées, notamment celle de France. Prosateur préclassique dune grande rigueur de style, Calvin est également lauteur de Catéchisme (1537), Petit Traité de la sainte Cène (1541), Traité sur léternelle prédestination (1552). Sa doctrine religieuse est formulée dans lInstitution de la religion chrétienne. Elle repose sur trois principes essentiels : - L'unique source de la foi est lÉcriture sainte (Ancien et Nouveau Testament) - L'humanité, dépravée par le péché des origines, est par nature indigne face à la grâce toute-puissante dun Dieu rédempteur qui, de toute éternité, a décidé le salut de lhomme en Jésus-Christ (le corollaire de cette affirmation est la doctrine de la prédestination) - Le culte nadmet que deux sacrements : le baptême et l'eucharistie, mais Calvin rejette la transsubstantiation prêchée par les catholiques et la consubstantiation admise par Luther Martin Bucer (ou Butzer) (de son vrai nom Kuhhorn, 1491 -1551) Théologien alsacien, il adhère aux théories de Luther. Il est le principal organisateur à Strasbourg de la religion connue à l'époque sous le nom de réformée. Sous son influence, toute la ville se convertit et la cathédrale est affectée au culte protestant ; elle le restera jusqu'en 1681. Il termine sa vie à Cambridge, où il est aussi à la base de la communauté protestante. Philipp Schwarzerd, dit Melanchton (1497 -1560) Réformateur allemand ; disciple de Luther. Il sefforça détablir un accord entre les diverses fractions de la Réforme, et même entre celle-ci et le catholicisme. Auteur de nombreux. ouvrages, il rédigea avec Camerarius la Confession dAugsbourg (1530). Venu en Alsace pour soutenir les réformateurs alsaciens, il prêche dans la clairière où se trouve le menhir dans lequel on a sculpté une croix et les apôtres (Pierre des Douze apôtres). Ulrich Zwingli (Ulrich ou Huldrych) (1484 -1531) Humaniste et réformateur suisse. Curé de Glaris (1506), il adhéra vers 1520 à la Réforme, quil propagea, notamment à Zurich, sur des bases doctrinales plus radicales encore que celles de Luther (De vera et falsa religione commentarius, 1525). Voulant fondre le gouvernement de la nouvelle Église et le gouvernement civil (doctrine théocratique, comme Calvin), et imposer la Réforme à lensemble de la Suisse, il associa la plupart des villes suisses (alliance «combourgeoise»), mais se heurta à la résistance des cantons catholiques, qui formèrent une ligue alliée à lAutriche. Entreprenant alors de les combattre, il fut tué à la bataille de Kappel. |